Novembre 1973 : contre la dictature, les étudiants occupent l’école polytechnique

17 NOVEMBRE 1973, LA REVOLTE DES ETUDIANTS DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE D’ATHENES

Les étudiants sur le toit de l'école polytechnique

Les étudiants sur le toit de l’école polytechnique

         Depuis le 21/04/1967 et le coup d’état des colonels avec l’appui actif de la CIA, toute expression politique est interdite. La population grecque, terrorisée, ne réagit pas. Les hommes politiques démocrates, et surtout de ceux de la Gauche, sont arrêtés et emprisonnés. Les partis politiques sont interdits. La Grèce, pays dans lequel la démocratie est née, souffre sous la répression du régime militaire auto baptisé « révolution nationale du 21/04/1967 » (Εθνική επανάσταση της 21/04/1967).

Des poches de résistance sporadiques apparaissent sans pour autant déséquilibrer la dictature. En 1973, le régime isolé politiquement à l’extérieur commence à s’énerver. De plus en plus, des revendications étudiantes naissent pour une société libre et démocratique. La junte militaire répond avec une loi qui annule la possibilité de reporter le service militaire à tout étudiant participant à des actions politiques ou s’opposant au gouvernement militaire. En février 1973, les étudiants occupent l’école de Droit et exposent sur le toit de l’université un panneau « Ψωμί, παιδεία, ελευθερα » (du pain, de l’éducation, de la liberté). Cet acte est le début de la fin de la dictature et le départ d’une longue lutte pour conquérir la liberté et la démocratie. La répression a été dure, caractérisée par des emprisonnements et jugements aux peines très lourdes.
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Le mardi 13 novembre 1973, des groupes d’étudiants occupent l’espace de l’école polytechnique d’Athènes. Ils fabriquent un émetteur radio, c’est la radio des étudiants libres « Εδπολυτεχνεο » (edo polutechnio = ici école polytechnique)

La radio étudiante lance des appels à tout homme libre pour rejoindre le mouvement, et demande fermement le départ de la junte des colonels. Des étudiants de toutes les universités rejoignent le centre d’Athènes pour les soutenir. Des citoyens s’associent au mouvement étudiant. La police ne fait plus peur malgré des assauts successifs. Le quartier entier de l’école polytechnique est libre. Le vendredi 16 Novembre, les universités de Salonique et Patras sont aussi occupées par les étudiants. Le soir de ce même jour, le régime ne contrôle plus rien au centre d’Athènes. Les agences de presse du monde entier informent la population grecque de l’évolution de la situation, car les médias locaux ignorent l’évènement.
Tous espèrent une évolution positive mais tous ont la crainte des militaires qui s’accrochent au pouvoir.
Pour le régime, il n’y a qu’une seule solution : la répression violente. L’armée va intervenir tard dans la nuit du vendredi 16 novembre ; les chars blindés sont devant l’entrée de l’école polytechnique et chassent tout opposant à l’extérieur. Les étudiants intérieurs décident de résister.
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Dès les premières heures du samedi matin 17 novembre 1973, un char-blindé pénètre de force au sein de l’université. La violence de l’attaque est sauvage : il y a officiellement 34 morts, mais en vérité beaucoup plus. Des centaines de blessés se cachent pour éviter l’arrestation. Des milliers d’arrêtés et d’emprisonnés vont subir la torture par la police militaire. La radio libre cesse d’émettre. Un coup d’état de l’armée renverse encore le colonel Georges Papadopoulos le 25/11/1973, le général Phaedon Gizikis est le nouveau président mais c’est le colonel Ioannis Ioannidis qui est le nouveau maître. Le régime très affaibli politiquement, et isolé au niveau international, est en fin de souffle. La grande répression témoigne de son agonie, la chute se fait proche…
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