UNICEF: DÉTÉRIORATION DRAMATIQUE DES CONDITIONS DE VIE DES ENFANTS GRECS

La pauvreté des enfants en Grèce, 2008-2014 (recherche 2009-2015). Le taux de pauvreté infantile (en rouge) est passé de 22,6 % en 2008 à 55,1 % en 2014. Rapport de l’UNICEF

(D’après l’article de Katherine Filippeos sur Greek Reporter)

Un rapport intitulé « La Situation des Enfants en Grèce en 2017 – Les enfants de la crise » publié mercredi 29 mars par l’UNICEF rend compte de la régression dramatique des conditions de vie des enfants en Grèce, qui est de loin le premier des pays de l’EU-14 ( les 15 pays de L’Union européenne avant l’élargissement de 2004, moins la Grande-Bretagne, base des statistiques britanniques) dans lequel 45 % des enfants n’ont plus accès aux produits et aux services de base (nutrition, chauffage, services publics, etc.). Ce chiffre est presque le double qu’en Italie où le taux est de 24,6 %.

Ce rapport, réalisé sous la direction du Professeur de politique sociale à la Panteion University, Christos Papatheodorou et de Stefan Papanastasiou, docteur en politique sociale, a été commandé par le Comité grec de l’UNICEF. L’étude se base sur des éléments d’enquêtes les plus récentes effectuées par ELSTAT et Eurostat (2009-2015), qui ont révélé un nombre record d’un demi-million d’enfants vivant en Grèce dans des familles pauvres au cours de la période de 2009 à 2014 (chiffres basés sur l’indice de pauvreté relative). En comparaison avec ces 14 pays de l’UE, la Grèce connaissait déjà le troisième taux le plus élevé de pauvreté infantile (26,6 %), après l’Espagne (29,6 %) et l’ Italie (26,8 %). Le taux le plus bas était enregistré dans les pays nordiques, la Finlande (10 %), le Danemark (10,4 %), la Suède (12,9 %). C’est dire si la dégradation de la situation en Grèce s’est encore considérablement accélérée en 3 ans.


Pourcentage d’enfants soumis à la pauvreté ou à l’exclusion sociale en Grèce (en rouge) et dans l’UE -27 (en bleu), 2007-2015. On constate nettement l’effet de la crise et de la mise en œuvre des politiques d’austérité.

Le Professeur Christos Papatheodorou a déclaré que, « pendant la crise, les familles les plus touchées sur le plan du bien-être par rapport au reste de la population du pays sont celles avec des enfants. Et il est important de réaliser que s’attaquer à la pauvreté des enfants, c’est d’abord aider leurs familles ».

Comme indiqué dans le rapport, il devient impératif de concevoir et de mettre en œuvre des politiques appropriées pour soutenir et renforcer les familles avec enfants, leur soutien à travers des prestations en espèces et en biens de consommation de base étant devenu une nécessité, tout comme l’organisation de congés parentaux et la mise en place de dispositions favorisant la compatibilité du travail avec la vie familiale.

« Il est de la responsabilité globale de l’Etat d’assurer l’égalité des chances pour permettre aux enfants de bien grandir », a conclu M. Papatheodorou.

Le Marathon radiophonique annuel de l’UNICEF aura lieu le jeudi 6 avril, avec la participation de la Radio grecque et des radios publiques et privées, afin de sensibiliser le public sur les risques de malnutrition des enfants, sur le thème central « Pour chaque enfant qui a faim, à côté de nous ou loin de nous ».

Il faut savoir que 22 millions d’enfants au Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen ont été abandonnés à leur propre sort, d’après l’UNICEF.

Allons-nous attendre en Europe que les enfants grecs connaissent le même destin ?

 

Il en sera bien sûr question

Jeudi 6 avril 2017

20h – Cinéma CGR (Ciné-City) Troyes

Projection puis débat avec le réalisateur, Philippe Menut

 

 

Voir également ici

Sur le Marathon radio voir ici

Le rapport est ici

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