MÉDICAMENTS À CRÉDIT: DE PLUS EN PLUS DE GRECS NE PEUVENT PLUS SE SOIGNER !

De plus en plus de Grecs achètent leurs médicaments à crédit à la pharmacie et les payent en plusieurs versements, en raison de difficultés financières. Selon l’Association des pharmacies ( FAT) de la deuxième plus grande ville de Grèce, Thessalonique, c’est pas moins de 50 à 100 citoyens par pharmacie qui achètent leurs médicaments à crédit.

Les dettes des Grecs dans le besoin concernent une gamme de médicaments de 10 € à 400 €. Dans de nombreux cas, le délai moyen de remboursement est de jusqu’à trois mois ou six mois. Cependant, il y a aussi des cas où les dettes remontent à trois ans.

En tant que président de la FAT, Kyriakos Theodosiadis, note qu’un certain nombre de pharmacies permettent des versements de 50 à 100 €. Les pharmaciens demandent souvent à leurs clients de verser des acomptes, quelles que soient leurs possibilités, même 3 ou 5 €, afin qu’ils puissent demeurer enregistrés.

« Certains clients ne reviennent en effet jamais à la pharmacie, par honte, car ils ne peuvent pas payer leurs dettes. Ils cherchent alors une nouvelle pharmacie pour obtenir leurs médicaments et ouvrir un nouveau cycle d’endettement» , a déclaré Theodosiadis ajoutant que lorsque la dette est supérieure à 200 €, le débiteur ne répond plus. « Certains paient par carte de crédit, mais ce n’est pas une solution, car ils déplacent le problème sur leur compte bancaire. »

C’est la pression économique qui oblige retraités, chômeurs et travailleurs à temps partiel à acheter des médicaments à crédit. Ils attendent le dernier ou le premier jours du mois, quand ils touchent pension, salaire ou allocation de chômage pour payer leur dette à la pharmacie.

En raison des soi-disant « réformes » dans le secteur de la santé en 2012, une série de médicaments ne sont plus remboursés par la caisse de sécurité sociale. Parmi ceux-ci figurent des antibiotiques, des médicaments pour les affections hivernales, les sirops anti-toux – la liste est longue . En même temps, l’augmentation de la part de participation par l’assuré rend l’accès à ceux-ci souvent impossible.

« Par exemple, pour un cardiotonique d’une valeur commerciale de 1,42 €, le patient assuré paie 1,32 € et le EOPYY (Caisse nationale d’ assurance) seulement 0,06 €. En outre, pour le bien connu Lexotanil (anxiolytique), l’assuré paie la totalité du montant de 1,88 €. Il faut ajouter 1 € de participation forfaitaire par prescription » , a déclaré Theodosiadis.

Un supplément de 10 € doit souvent être payé par le patient, quand le médecin a atteint son quota de rendez-vous du mois.

« Dans sa tentative de réduire le coût des soins pharmaceutiques, le gouvernement n’a pas encore aboli l’euro de participation forfaitaire par ordonnance». Par ailleurs, avec le soi-disant prix de référence qui change à intervalles réguliers, « le pourcentage d’auto-participation des assurés a augmenté à 35% en moyenne, alors qu’il était de 11% en 2010, » a précisé le président de la FAT.

En conclusion, de nombreux patients ne vont pas du tout chez le médecin pour une prescription. Parce qu’en fin de compte, ils paient moins lorsqu’ils achètent le médicament directement à la pharmacie et non sur ordonnance.

« Nous parlons surtout des retraités et des personnes âgées à faible revenu qui ont besoin de ces médicaments, » souligne Kyriakos Theodosiadis.

La « réforme de la santé » en 2012 a eu pour effet la montée en flèche de l’auto-participation des patients assurés à l’achat de médicaments. Au pire de la crise économique, les personnes âgées et les retraités à faible revenu ont été contraints d’interrompre leur traitement car ils ne pouvaient plus se le permettre. Pour certains, le dilemme était : acheter un médicament ou manger….

L’article complet en anglais est ici.

Rappelons qu’en mars dernier, les pharmaciens dénonçaient l’ouverture du marché pour les médicaments, donc leur vente libre, imposée par la troïka. Cette mesure ne fait pas que menacer les pharmaciens ; elle range les médicaments au rang de simples biens de consommation et permet surtout leur déremboursement.

On saisit mieux ainsi le rôle primordial des dispensaires et leurs besoins en médicaments…

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *