Quelques nouvelles fraîches…

Constant Kaimakis

23/07/2017

LA CRISE ÉCONOMIQUE RACCOURCIT L’ESPÉRANCE DE VIE DES GRECS :

Un groupe de chercheurs a étudié l’espérance de vie en 2030 dans 35 pays à travers le monde, y compris la Grèce. La crise économique en Grèce a eu un impact considérable sur certains âges et raccourcit l’ ensemble des taux de l’ espérance de vie des taux, précise l’ étude de l’ Imperial College de Londres. « En Grèce, ces dernières années, il y a eu une augmentation de la mortalité à certains âges, ce qui est probablement lié à la situation économique difficile dans le pays. Le résultat a été un ralentissement du taux d’espérance de vie, qui reste faible dans ces conditions, » déclare Vasilis Kontis, l’un des chercheurs, au journal Kathimerini.
L’espérance de vie en Grèce est à la hausse depuis les années 1960 jusqu’au début de la décennie en cours. Jusqu’en 2012, l’espérance de vie des femmes était environ 83 ans et 78 pour les hommes.

« L’impact de la crise est importante, la Grèce a considérablement réduit les dépenses de santé. Les pays ayant une augmentation rapide de l’espérance de vie sont ceux qui ont des systèmes de santé solides, des soins de santé et des succès de la santé publique, tels que le pronostic et le traitement des maladies chroniques ou la réduction de l’obésité et du tabagisme » , a déclaré Kontis.
Pour qu’un pays ait ses citoyens qui vivent plus longtemps, les politiques doivent être mises en place pour assurer une bonne qualité de vie pour les personnes âgées et contribuer à éviter le fardeau sur le système de santé.
Données statistiques pour 2017: http://www.geoba.se/country.php?cc=GR&year=2017


EN GRÈCE, IL EST DÉSORMAIS LÉGAL DE TRAVAILLER SANS ÊTRE PAYÉ !

Suite à la décision de justice qui ne considérait pas comme « un changement préjudiciable des conditions de travail » le fait de ne pas être payé… Une nouvelle décision de la Cour Suprême vient aggraver la situation des travailleurs non rémunérés qui avaient déjà beaucoup de mal à ester en justice sur le retard de leurs rémunérations. En effet, selon de nouvelles dispositions prises ces jours-ci, un employeur qui ne paye pas les salaires de ces employés pourra invoquer la « détresse financière ». Ainsi, la combinaison de ces deux décisions confirme que les travailleurs qui sont non rémunérés doivent travailler sans être payés !Quand on sait qu’actuellement en Grèce, les syndicats estiment à environ 1,5 million de salariés , les travailleurs non rémunérés pour une période de 6 mois… on imagine les nouveaux dégâts de cette législation anti-travail., et les difficultés qu’auront désormais les travailleurs et leurs syndicats à mener ces combats, qui sont actuellement une grade majorité des conflits actuels.Et là, on ne peut invoquer qui que ce soit : il s’agit bien d’une décision prise sous le gouvernement SYRIZA-ANEL, dit de … »gauche radicale »!


21/07/2017

LES TRAVAILLEURS DE HELLENIC STEEL SE BATTENT CONTRE LA FERMETURE DE LEUR USINE :

 

Les travailleurs de la Cie Hellenic Steel ont décidé de tout mettre en oeuvre contre la fermeture de leur usine, après que la déclaration de l’appel d’offres pour la vente des actifs de la société ait été con sidéré comme stérile. « Une industrie puissante, qui peut vraiment produire de la richesse, c’est injuste de la perdre, » a déclaré aux médias le président du syndicat des travailleurs, Panagiotis Hatzakos.
Selon un communiqué de la société, « lors de l’évaluation finale de l’offre de l’acheteur du candidat initialement choisi, il a été constaté qu’il était incapable de répondre à une condition sine qua non alors qu’il était en négociations finales pour la vente d’actifs. » et elle poursuit « et comme les deux autres offres qui ont été soumises pour l’achat de l’usine n’étaient pas établies ». .. les liquidateurs ont décidé de déclaré stérile le processus de vente des actifs de la société.
La solution selon les travailleurs, est la suspension de l’application de la faillite et d’immédiatement commencer à nouveau le processus de vente de l’entreprise. Leur demande, est l’intervention, des organismes du gouvernement de Thessalonique et ils sont prêts « à faire des efforts pour sauver l’entreprise. » A cette fin, les travailleurs, la semaine prochaine devraient avoir une rencontre avec le ministre de l’ Economie et du Développement, Dimitris Papadimitriou. En même temps, ils continuent les contacts avec le bureau à Thessalonique et le ministère de Macédoine-Thrace du premier ministre.


UN APPEL EN JUSTICE DES HABITANTS DE CHALCIDIQUE CRÉE LA PANIQUE CHEZ HELLAS GOLD :

On assiste à un nouvel épisode dans la lutte du mouvement contre l’exploitation minière par Hellas Gold en Chalcidique. Les habitants ont fait appel devant le Tribunal de première instance de Chalcidique pour une ordonnance temporaire à la demande des résidents de la Municipalité d’ Aristote contre la société sur les déchets miniers. Plus précisément, l’appel des résidents dénonce comme dangereux , le dépôt des déchets miniers en construction, sur le site d’enfouissement des déchets malsains de Kokkinolakka près des Lacs Madem de la région Chalcidique et la manipulation des déchets miniers dangereux de Olympiada à Stratoni dans la même zone. La demande des résidents pour des mesures provisoires se fonde sur des risques importants pour leur santé et l’environnement en raison du dépôt et du traitement des déchets qui, disent-ils, sont illégalement exécutés par la société. A propos du site de Kokkinolakka, Il a été souligné devant le tribunal qu’il est en phase de construction et sans autorisation légale pour accepter les déchets miniers dangereux. Ainsi, sont mis sur la sellette, l’absence de couche d’argile concentrée et l’application d’un système de fermeture différents, le défaut de remblayage de la galerie, l’application d’une autre méthode et la construction du barrage en aval sans l’intégration d’un matériau imperméable. Cet appel des résidents semble avoir provoqué des remous importants au sein de la société Hellas Gold, qui était représentée devant la Cour de Halkidiki … par quatre avocats de la défense, deux d’entre eux dans un rôle consultatif. Dans ces circonstances, la demande a été rejetée en ce qui concerne l’exécution provisoire de la demande (l’injonction), mais le tribunal déterminera le débat de fond sur les mesures provisoires le plus tôt possible et le jugement sera ensuite donnée immédiatement après les audiences d’été, le 4 Septembre.


De graves évènements se sont produits hier à l’extérieur du ministère de la Santé lors d’un rassemblement de protestation des parents des personnes handicapées.

Les protestataires demandaient un rdv avec M.Xantos et M. Polakis pour obtenir le financement par le ministère des traitements d’enfants handicapés. Mais on leur a signifié que les responsables étaient absents…Indignés, ils brisèrent les volets de protection du ministère, qu’ils ont pris d’assaut et on fait une occupation symbolique pour protester. Leur principal slogan, « Donner de l’argent pour le bien-être – Des moyens pour la santé et non pour la ploutocratie. »
Selon le journal Star, le commandant de police de Kallithea aurait été blessé.
La Commission de la coordination déclare: « Ils ont coupé les traitements des enfants handicapés et des maladies chroniques. Nous ne pouvons pas accepter qu’au 21ème siècle avec un tel développement énorme de la science , nos enfants, nos personnes risquent d’être laissés gravement handicapés ou en danger mortel parce que nous ne pouvons pas payer les soins de santé commercialisés, le bien-être, l’éducation spéciale. Alors que, il y a 40 ou 50 ans auparavant, dans certains pays, ils ont été garantis et une haute qualité de soins pour tous les enfants, pour tous les peuples, parce que leurs États ont un autre système et d’autres priorités.
Ils demandent:
– Paiement ici et maintenant (en été) pour tous les parents et les patients sur leurs traitements avec le dépôt de documents afin qu’ils puissent commencer pour tous les enfants régulièrement leurs traitements en Septembre.
– La couverture de 100% du budget de l’Etat pour tous les traitements dont ont besoin les enfants handicapés et les maladies chroniques.`
– Arrêtez le massacre du ΚEΠΑ ( Centre de certification des Handicapés)
– Pas de souffrance chronique des handicapés et sans besoin de vivre (allocation, pension d’invalidité.
Suite à cette mobilisation, Paul Polakis, selon ANA-MPA, a été contraint de prendre rendez-vous avec le Comité de coordination des invalides de guerre (SEAAN), l’Association des parents célibataires handicapés d’Attique et l’Association des travailleurs dans les unités institutions écoles d’éducation spéciale (SEMISEA ). La réunion aura lieu le vendredi matin.


Revue de presse hellénique 22/07/2017

Séisme : Un séisme d’une magnitude de 6,7 a fait deux morts et plusieurs blessés, dont 5 graves, sur l’île de Kos
en mer Egée. Le tremblement de terre, survenu à 01h31 heure locale, a été également ressenti en Turquie. Il a
provoqué de très importants dégâts matériels. Les dégâts sont si importants sur le port de Kos qu’il a été fermé
au trafic en raison d’un affaissement (in.gr, Kathimerini).


Grèce : le FMI donne son accord de principe à un soutien financier de 1,6 milliard d’euros

 

 

 

Le conseil d’administration du FMI a approuvé hier sur le principe la participation du Fonds au programme grec avec un financement à hauteur de 1,6 milliards d’euros. Cette somme ne serait toutefois débloquée qu’après réception de « garanties spécifiques et crédibles » de la part des créanciers européens sur les mesures d’allégement de la dette. Toutefois, la directrice générale du FMI, Mme Lagarde, a souligné la nécessité pour la Grèce de procéder à des tests de résistance des banques (stress tests) pour garantir qu’elles seront suffisamment capitalisées à la fin du programme. En outre, le FMI estime que les banques auront besoin de réserves d’environ 10 milliards d’euros afin de pouvoir faire face au problème des prêts non performants. Mme Lagarde a également appelé le gouvernement grec à ne pas procéder à des changements concernant les réformes réalisées dans le domaine du travail (notamment en ce qui concerne les négociations collectives) et d’accentuer les efforts pour la libéralisation des marchés de produits et de services afin de faciliter les investissements et de créer des emplois (Kathimerini, Ta Nea, in.gr, Eleftheros typos). Selon in.gr la première revue du programme aura lieu en février 2018.
Par ailleurs, Kathimerini fait état des réserves exprimées par le gouverneur de la banque de Grèce, M. Stournaras, quant au retour de la Grèce sur les marchés, qui ont suscité des vives réactions de la part des membres du conseil général de la banque. Ces derniers auraient demandé des explications à M. Stournaras estimant que ses déclarations sapent le retour de la Grèce sur les marchés. En soulignant que les membres du conseil général de la banque de Grèce sont proches de SYRIZA, Kathimerini parle de tentative du gouvernement « de réduire au silence Stournaras ».
Toutefois, le président de la BCE, M. Draghi a fait hier des déclarations similaires, estimant que le retour de la Grèce sur les marchés devra s’inscrire dans une stratégie globale qui comprendra la conclusion du programme afin que le retour sur le marché se fasse dans la durée. Ainsi Kathimerini titre sur «la ligne commune entre la BCE et la Banque de Grèce» au sujet du retour de la Grèce sur les marchés. De son côté Eleftheros Typos note en Une que « le FMI et Draghi ‘‘gèlent’’ les projets gouvernementaux d’un retour de la Grèce sur les marchés »


https://www.hrw.org/fr/news/2017/07/19/grece-des-enfants-migrants-non-accompagnes-sont-laisses-sans-protection

Grèce : Des enfants migrants non accompagnés sont laissés sans protection

 

Du fait de procédures défectueuses, les mineurs arrivés à Lesbos courent le risque d’être victimes d’abus
(Athènes) – Des enfants migrants non accompagnés arrivés sur l’île grecque de Lesbos sont incorrectement identifiés comme des adultes et hébergés en compagnie d’adultes non membres de leur famille, ce qui les rend vulnérables aux abus et leur interdit l’accès aux soins particuliers dont ils ont besoin, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
« L’identification erronée comme adultes d’enfants migrants non accompagnés sur l’île de Lesbos conduit à de vrais problèmes, comme le regroupement avec des adultes qui ne sont pas de leur famille et la privation de services dont ils auraient besoin », a déclaré Eva Cossé, chercheuse sur la Grèce à Human Rights Watch. « Les autorités grecques devraient faire preuve de responsabilité en identifiant de manière appropriée les enfants non accompagnés et en leur accordant la protection et les soins dont tout mineur a besoin. »

Lors de visites sur l’île de Lesbos entre le 22 et le 28 mai et entre le 27 et le 30 juin 2017, Human Rights Watch s’est entretenu avec 20 mineurs, dont certains n’avaient que 15 ans, qui ont affirmé avoir été improprement enregistrés en tant qu’adultes par les autorités grecques.
(Sous-titres via cc) – Témoignages de jeunes migrants arrivés sur l’île grecque de Lesbos, et exposés à divers risques car ils ont été enregistrés de manière erronée en tant qu’adultes. HRW appelle à une rectification des procédures d’évaluation d’âge et à un soutien renforcé de ces jeunes personnes vulnérables.
Aux termes de la loi grecque et du droit international, les enfants non accompagnés ont droit à une protection et à des services particuliers. Mais les procédures défectueuses d’estimation de l’âge qui sont appliquées dans la pratique sont telles que certains de ces enfants sont considérés de manière erronée comme des adultes lors de leur enregistrement, en dépit des assurances données à Human Rights Watch par les responsables grecs selon lesquelles une procédure multidisciplinaire appropriée était suivie. D’autres enfants se font eux-mêmes passer pour des adultes, pensant que cela leur permettra d’éviter d’être placés en rétention ou parce qu’ils ont suivi de mauvais conseils d’adultes, avant de réaliser leur erreur et d’essayer de persuader les autorités de les recenser correctement. Leurs tentatives d’obtenir un changement de statut officiel peut prendre des mois, et pendant tout ce temps passé à attendre que leur âge réel soit établi, ils continuent souvent d’être traités comme des adultes, ou bien ils parviennent à l’âge adulte, un phénomène appelé « perdre ses droits par vieillissement ».

Human Rights Watch a constaté que les responsables qui recensent les nouveaux arrivants enregistrent parfois arbitrairement certains enfants comme étant plus âgés qu’ils ne l’affirment eux-mêmes. D’autre part, les autorités exigent souvent que les enfants non accompagnés subissent un examen dentaire sommaire à l’hôpital local, comme moyen d’évaluer leur âge, à la suite de quoi les autorités insistent parfois pour considérer l’enfant comme un adulte et l’enregistrer en tant que tel. Human Rights Watch a constaté que ces pratiques étaient en cours en dépit d’une décision ministérielle de 2013 dans laquelle était adoptée une approche multidisciplinaire de l’évaluation de l’âge, comprenant des examens médicaux comme option de dernier ressort, et en dépit des assurances du Service de réception et d’identification (SRI), une agence du gouvernement grec, selon lesquelles le principe du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant prévalait dans tous les cas.

D’autre part, les responsables des services de réception n’ont pas l’habitude de contester les affirmations des enfants non accompagnés qui prétendent être adultes, même quand leur apparence physique laisse fortement penser qu’ils ont moins de 18 ans. Dans la pratique, les autorités grecques s’abstiennent de fournir aux enfants des informations adéquates concernant leurs droits lors du processus de réception et d’identification dans les îles, et ne prennent aucune mesure pour vérifier si un individu se présentant comme un adulte n’est pas en réalité un enfant, créant le risque que des enfants victimes de la traite de personnes ne soient pas identifiés et pas non plus protégés de nouveaux abus.

Bien que les enfants non accompagnés enregistrés comme tels doivent être transférés dans un lieu d’accueil sûr, la Grèce souffre d’un manque chronique d’espace. En attendant leur placement dans un lieu d’accueil, les autorités placent souvent en rétention des enfants migrants non accompagnés dans les postes de police, dans des lieux de détention pour immigrants, et dans des centres de tri de demandeurs d’asile gérés par l’Union européenne. À la date du 20 juin, 1 149 enfants migrants non accompagnés étaient inscrits sur une liste d’attente pour un lieu d’accueil, dont 296 étaient retenus dans des installations de ce type.
Le problème est devenu plus pressant depuis l’arrivée de plus de 1 million de personnes dans les îles grecques en 2015 et 2016. Les fermetures de leurs frontières par les pays situés au nord ont eu pour effet de piéger les demandeurs d’asile et les migrants en Grèce, et un accord défectueux signé par l’UE avec la Turquie, en mars 2016, a amené la Grèce à contenir les demandeurs d’asile dans ses îles dans le but de les refouler en Turquie.

Des organisations non gouvernementales à Lesbos ont indiqué à Human Rights Watch qu’elles avaient identifié au moins 60 personnes recensées comme adultes et qui affirment être des enfants.

Des enfants recensés comme adultes sont laissés à eux-mêmes et sont vulnérables à diverses formes d’exploitation, de trafics et d’abus. Ils vivent sur des sites d’accueil officiels et non officiels en compagnie d’hommes adultes célibataires qui ne sont pas membres de leurs familles ; font face à des conditions de vie inhumaines, dont la surpopulation et l’insalubrité, et à de fréquents cas de violence; et ils ne sont pas en mesure d’aller à l’école ou d’avoir un autre accès à l’éducation. Ils n’ont que très peu, voire pas du tout, d’accès à des soins médicaux, à une protection ou à des services spécialisés, et sont exclus des structures d’accueil réservées aux enfants non accompagnés.

Une fois que les autorités grecques ont enregistré des enfants non accompagnés comme adultes, quelle qu’en soit la raison, il est difficile, sinon impossible, pour eux d’obtenir un changement de leur statut. Même lorsque des organisations non gouvernementales identifient des enfants ayant été faussement enregistrés comme adultes, surmonter les lourdes procédures bureaucratiques nécessaires pour rétablir leur âge véritable et les enregistrer comme enfants peut prendre des mois. Le processus pour être reconnus comme des enfants a été si long dans certains cas examinés par Human Rights Watch, que pendant ce temps les enfants avaient atteint leur 18ème anniversaire. Cela a handicapé leurs chances d’être réunis avec les membres de leurs familles vivant dans d’autres pays de l’UE ou d’obtenir une résidence ou des services spécialisés destinés aux enfants.

Les déclarations faites par ces enfants sur la manière dont ils ressentent la situation dans laquelle ils se trouvent en Grèce laissent penser que cette situation leur cause des dommages psychologiques et exacerbe certains états mentaux préexistants, a déclaré Human Rights Watch. Tous les enfants interrogés ont indiqué ressentir de la détresse psychologique, notamment des symptômes comme l’anxiété, la dépression, des maux de tête, de l’insomnie et une perte d’appétit. Deux enfants ont indiqué s’être auto-agressés.
Les autorités grecques devraient d’urgence améliorer la qualité de leurs procédures d’estimation de l’âge des migrants, pour les mettre au niveau des meilleures pratiques internationales, a déclaré Human Rights Watch. Elles devraient prendre des mesures pour mieux identifier les enfants, donner aux enfants dont l’âge est incertain le bénéfice du doute dans les cas les plus indécis, et s’assurer que les enfants non accompagnés aient accès à des lieux d’accueil décents où ils puissent recevoir des soins, une éducation, des conseils y compris juridiques, des services de garde et d’autres services essentiels. Ceux dont il est déterminé qu’ils sont âgés de plus de 18 ans devraient être accueillis dans des refuges spéciaux pour jeunes adultes et avoir accès à des services adéquats, y compris à un soutien psychosocial et à des services de santé mentale.

La Commission européenne et le Bureau d’appui de l’UE en matière d’asile devraient, grâce à leur présence dans les îles, s’assurer que les méthodes et procédures d’estimation de l’âge des migrants des autorités grecques soient en conformité avec les garanties juridiques fournies par la loi grecque et les règles de l’UE, et que les enfants se voient accorder le bénéfice du doute lorsque les résultats ne sont pas concluants. Le mécanisme de réinstallation d’urgence de l’UE devrait également être étendu d’urgence aux enfants non accompagnés identifiés dans les îles grecques, quelle que soit leur nationalité, et les États membres de l’UE devraient accélérer la réinstallation des enfants migrants non accompagnés.

« Des enfants vulnérables arrivés en Grèce après avoir enduré un exode dangereux loin de leurs famille ne devraient pas avoir à se battre pendant des mois simplement pour prouver qu’ils sont des enfants », a affirmé Eva Cossé. « La Grèce devrait faire beaucoup mieux pour identifier ces enfants, afin qu’ils puissent recevoir les soins dont ils ont besoin et qu’ils méritent. »


Yannis Youlountas

Des nouvelles des camps en mer Égée.

 

Outre la chaleur insupportable des baraquements, la nourriture insuffisante, souvent périmée, parfois déposée congelée par terre au soleil, les brimades physiques et morales, les communications bloquées, les mois de vie volés, les camps en mer Égée sont aussi des aires de jeux sadiques où les flics peuvent en toute impunité casser du migrant autant qu’ils le désirent.
Voilà pourquoi, ces jours-ci encore, les victimes se révoltent, incendient parfois ces bâtiments cauchemardesques, essaient de sortir par tous les moyens et de rejoindre Athènes via des îles voisines. Durant ces tentatives, certains disparaissent ou sont retrouvés morts sur le rivage, parfois avec des contusions suspectes.
Voilà le spectacle que donne l’Europe à sa frontière Est : celui d’un continent raciste et pervers qui exploite, colonise, domine, humilie, chasse, enferme, torture et assassine ceux qui fuient la misère.

Y.Y.

Nouvelle vidéo du camp de Moria (Lesbos) : https://vimeo.com/226277179

 


https://www.amnesty.fr/presse/lesbos-manifestation-symbolique-de-rfugis-pigs-par

 

Lesbos. Manifestation symbolique de réfugiés piégés par l’accord UE-Turquie

 

Publié le 21.07.2017.

Vendredi 21 juillet 2017, des réfugiés, des habitants des îles grecques et des militants ont appelé les dirigeants européens à entendre leur détresse à l’occasion d’un rassemblement express organisé sur une plage de l’île de Lesbos pour signifier que les réfugiés étaient les bienvenus, à l’instigation d’Amnesty International et de Lesvos Solidarity.
Lors du rassemblement express #ActionLesvos, un filet de pêche géant orné d’un drapeau de l’Union européenne (UE) a été déployé autour de 60 réfugiés et militants afin de symboliser la situation des réfugiés et des migrants pris au piège sur les îles grecques par l’accord UE-Turquie.
Le camp voisin de Moria est le théâtre de manifestations depuis une semaine et la majorité des financements d’urgence de l’UE en faveur des organisations non gouvernementales (ONG) qui aident les réfugiés en Grèce seront stoppés dans 10 jours.
« Nous manifestons contre l’accord UE-Turquie, à cause duquel des personnes se retrouvent piégées à Lesbos depuis 2016. Les réfugiés ne sont pas des criminels. Nous avons fui nos pays respectifs à cause de la haine et nous sommes venus en Europe pour trouver la liberté, mais nous sommes bloqués sur cette île. Nous n’avons pas de solution ni d’espoir », a déclaré Hamid Hamid, un réfugié ghanéen qui vit actuellement en Grèce. Il est l’un des militants du camp et l’idée du rassemblement est la sienne.
Les manifestants ont appelé les dirigeants européens à prendre leurs responsabilités dans l’accueil des réfugiés, en les transférant sur le continent et en les relocalisant dans d’autres pays européens.
« Cette action vise à ouvrir le cœur des Européens afin qu’ils soient réceptifs à la détresse des réfugiés et des migrants piégés par l’accord UE-Turquie, qui les bloque sur les îles grecques depuis 2016. Des habitants ont aussi participé au rassemblement express car ils se sentent également pris dans une situation inextricable et abandonnés par le reste de l’Europe, a déclaré Maria Serrano, responsable du travail de campagne à Amnesty International.
« Les réfugiés ne sont pas au bout de leurs souffrances en Europe, loin de là. Il faut que les gens sachent que leur situation à Lesbos est désespérée et dangereuse. Ils ne bénéficient pratiquement d’aucune aide juridique, médicale, psychologique ou autre. Et il est probable que les choses s’aggravent, à moins que les États européens n’inversent la tendance en accueillant les réfugiés. »
Le rassemblement express a été organisé sur la plage de Kratigos, près de Mytilène, ville principale de Lesbos. Cette plage a été l’un des lieux de débarquement de milliers de réfugiés ayant quitté la Turquie en 2015 et au début de 2016.
En juin 2017, 940 réfugiés et migrants sont arrivés à Lesbos, et plus de 400 rien que pendant les deux premières semaines de juillet. Aux termes de l’accord UE-Turquie, les autorités empêchent les réfugiés et les migrants qui accostent sur les îles grecques d’en partir, en vue de les renvoyer en Turquie. Cette politique est à l’origine du surpeuplement, des conditions déplorables et de l’anxiété grandissante que subissent les réfugiés.
« Avant l’accord UE-Turquie, nous pouvions au moins aider les réfugiés en espérant que toutes leurs difficultés et leurs souffrances cesseraient lorsqu’ils franchiraient les frontières et arriveraient sur leur lieu de destination. Maintenant, ils sont désespérés et ont de plus en plus de problèmes psychologiques car ils doivent attendre sur les îles le temps que leur demande d’asile soit examinée dans le cadre d’une procédure longue et complexe, qui les laisse dans l’incertitude pendant des mois, a déclaré Efi Latsoudi de Lesvos Solidarity.
« Après une semaine marquée par une montée en tension au camp de Moria, nous voulions envoyer un message clair, à savoir que les dirigeants européens doivent prendre leurs responsabilités face à la situation à leurs portes. »

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COMPLÉMENT D’INFORMATION

Le 31 juillet, la majorité des financements d’urgence versés directement par l’UE aux ONG qui aident les réfugiés et les migrants piégés sur les îles grecques seront stoppés. L’État grec prendra alors en main tous les aspects liés à l’accueil des migrants, y compris la distribution des fonds de l’UE. Toutefois, il n’a pas encore annoncé comment ces interventions seraient mises en œuvre.

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