L’UE a recommencé à expulser des réfugiés vers la Grèce

L’article suivant est tiré du Courrier des Balkans.

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Le ministre grec de l’Immigration l’a annoncé : les renvois de réfugiés vers la Grèce ont repris, après six ans d’interruption du règlement Dublin III. Les ONG sont inquiètes alors que les autorités sont toujours débordées.

 

Par Marina Rafenberg

« Nous avons eu des pressions de certains pays européens pour reprendre les renvois vers la Grèce », a expliqué le ministre de l’Immigration, Ioannis Mouzalas, au micro d’une radio grecque. Avant de lâcher :« Je comprends que les gouvernements européens veulent satisfaire certains de leurs électeurs ».

Depuis 2011, le règlement de Dublin III était suspendu et les demandeurs d’asile entrés sur le sol européen par la Grèce n’y étaient plus renvoyés par les autres pays membres de l’Espace Schengen. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies et plusieurs ONG considéraient que les conditions d’accueil en Grèce étaient jusqu’à présent « inhumaines » pour les réfugiés.

Le ministère de l’Immigration grec a déjà reçu 392 demandes de retour, mais pour l’instant, les renvois se font très progressivement : cinq depuis l’Allemagne, trois depuis la Suisse, deux depuis la Belgique et un depuis les Pays-Bas.

LES ONG SONT INQUIÈTES

Les personnes renvoyées en Grèce auront le droit d’y demander d’asile. Les renvois ne s’appliqueront que pour les candidats à l’exil arrivés après la fermeture de la route des Balkans en mars 2016 ; la mesure ne sera pas rétroactive.

Du côté des ONG, on grince des dents. Les conditions d’accueil en Grèce restent critiques pour les réfugiés. En juillet, Human Rights Watch affirmait par exemple que les services d’asile grecs ne prenaient pas assez bien en compte le cas des réfugiés mineurs non accompagnés souvent enregistrés comme des adultes et détenus dans les centres avec des adultes.

Vingt-cinq ONG ont également envoyé au gouvernement une lettre dénonçant l’excessive complexité administrative, qui constitue pour de nombreux réfugiés une entrave à l’accès au travail et à la santé. La Grèce accueille actuellement 60 000 réfugiés sur son territoire.

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