Les dispensaires sociaux solidaires

logo-iatreio-mainsLes dispensaires sociaux-solidaires

Nous assistons aujourd’hui dans les pays européens à une offensive d’ampleur inégalée. Partout, le prétexte de la crise est utilisé pour appliquer des politiques d’austérité qui enrichissent les banques et entraînent les plus démunis dans une spirale sans fin.

En Grèce, l’acharnement des la Troïka (UE, BCE et FMI) a ravagé le pays, réduisant la population à la misère.

 

Le constat est effrayant, les salaires et les retraites ont diminué de 40% à 50%. Le chômage s’élève à 26% et à 60% chez les jeunes.

La moitié des hôpitaux a été fermée et les autres essayent de faire au mieux avec des budgets amputés de moitié. Les salaires des fonctionnaires ne sont pas payés régulièrement.

C’est particulièrement grave dans la santé en particulier où 30% des Grecs n’ont plus de couverture sociale, où 1 enfant sur 4 n’est pas vacciné. On meurt du diabète et du cancer, parce qu’il n’y a plus de médicaments, trop chers ! La situation est tellement difficile que les maladies psychiatriques et les dépressions ont explosé.

Face à cette situation, se sont créés des dispensaires sociaux-solidaires.

Ils sont gérés par des bénévoles : médecins, dentistes, pharmaciens, personnels soignants, citoyens. Le dispensaire de Kalamata compte 120 bénévoles, qui y travaillent quelques heures par semaine, en plus de leur propre travail. 700 bénévoles participent à la vie des 50 dispensaires.

Ceux-ci fonctionnent en autogestion, c-à-d que toutes les décisions sont prises en assemblées générales. Ils ne vivent que grâce à la solidarité nationale, qui, malgré la précarité, est très importante, et internationale. Ils n’acceptent pas les subventions publiques ou privées afin de garder leur indépendance.

Les dispensaires prennent en charge les patients qui n’ont aucun moyen de se soigner car sans couverture sociale(chômeurs, enfants de chômeurs, petits retraités, réfugiés…). Ils leur donnent les premiers soins et les dirigent parfois vers des professionnels qui acceptent de les soigner gratuitement. Dans chaque dispensaire a été créée une pharmacie où les médicaments reçus de Grèce et de l’étranger sont triés. Ceux-ci sont délivrés gratuitement, sur ordonnance, aux patients.

Le but de ces dispensaires est aussi de promouvoir un système de santé publique de qualité accessible à toutes et tous, dans le respect du droit des patients. Les dispensaires et pharmacies sociaux solidaires sont une réponse militante aux mesures d’austérité et à la crise sociale présente en Grèce depuis 2009. Ce qui distingue ces structures des autres structures humanitaires, c’est leur engagement militant.

Ce combat pour une santé pour tous rejoint les luttes menées en France face au désengagement de l’Etat dans les structures de santé. Nous connaissons nous aussi les coupes sombres dans le budget de la santé, qui entraînent la fermeture de structures médicales, un accès aux soins désormais difficile et inégal, et le burn-out des personnels soignants.

Notre combat est le même et nous nous devons d’être solidaires.

Josiane Mayor, présidente du collectif