HÉMORRAGIE DANS LA SANTÉ: EN 10 ANS, 12 408 MÉDECINS GRECS SONT PARTIS TRAVAILLER DANS D’AUTRES PAYS D’EUROPE

 

 

Depuis 10 ans on assiste à une véritable hémorragie dans le secteur de la santé en Grèce avec 12 408 médecins qui ont émigré à l’étranger. Le Président de l’Association des Médecins d’Athènes ( ISA) ne décolère pas : « L’Angleterre, l’Allemagne, Chypre, la Suède, les Emirats Arabes Unis, la France… les accueillent, alors que nous les avons formés…nous sommes la « matrice » des ressources médicales pour d’autres pays ! ». Il dénonce cette fuite dans le domaine vital de la science médicale avec le départ de milliers de médecins, principalement des spécialistes, dans divers pays européens et autres à la recherche d’un emploi qu’ ils ne trouvent pas chez eux. Si jusqu’en 2009 cet exode concernait principalement de jeunes médecins diplômés, il s’agit depuis 2010 du départ de médecins spécialistes, des médecins qui ont étudié et ont acquis une spécialité grâce à l’investissement du système éducatif et du système de santé en Grèce. Au cours des six dernières années , le nombre de médecins spécialistes fuyant la Grèce a plus que doublé le nombre de médecins non qualifiés. En 2017, ont demandé et obtenu les certificats nécessaires auprès de l’ISA, 1293 médecins, dont 923 spécialistes et 370 sans spécialité médicale. En 2016 , étaient partis 862 qualifiés et 306 non qualifiés. En 2015 , les départs étaient encore plus nombreux avec 356 médecins qualifiés et 1165 non qualifiés. En 2014 , on a enregistré une « fuite » au total de 1380 médecins, dont 1006 de scientifiques qualifiés. En 2013 , ont quitté 1488 médecins, avec 1086 d’entre eux qualifiés. 2012 , a été enregistrée comme l’année « pire » de la dernière décennie pour la « fuite » des ressources médicales: ont quitté la Grèce 1808 médecins avec 1166 médecins qualifiés.

« Le chômage, l’ incertitude et le manque de méritocratie poussent le personnel le plus qualifié dans le pays à chercher fortune à l’ étranger. La Grèce s’est maintenant transformée en une matrice d’exportation d’un potentiel médical , mais qui bénéficie à d’ autres pays » , a déclaré le président de l’ ISA, M. George Patoulis.

Selon M.Patoulis la « saignée » des scientifiques n’est pas traitée: « Aucun responsable n’ a traité la fuite des cerveaux. En particulier en ce qui concerne les médecins , la situation est très déprimante. Je crois que si la politique de santé ne change pas, la « saignée » s’intensifiera. On ouvre des postes pour les unités sanitaires locales (Tommy) et on propose des salaires de1200 euros. Quelle est l’incitation donnée à un médecin qualifié pour rester en Grèce lorsque vous pouvez demander une autre rémunération et d’ autres dynamiques en Europe? » Demande M. Patoulis.

 

De plus ce phénomène de départs des médecins grecs à l’ étranger s’accentue avec le départ à la retraite des médecins du système national de santé (NHS). Selon la Fédération nationale des médecins hospitaliers Association POEDIN, la nécessité pour les médecins spécialisés dans les hôpitaux du NHS dépasse les 6000 postes. Au ministère de la Santé les données actuelles comptabilisent 7271 médecins du NHS et 2000 autres médecins auxiliaires . « Cette inflation de jeunes médecins et la politique de santé inexistante au niveau du gouvernement ont provoqué une situation suffocante pour le monde médical. Dans quel autre pays voit-on une situation aussi perverse et paradoxale: un système de santé en effondrement basé sur du personnel âgé , et les jeunes médecins à la recherche d’ un emploi à l’ étranger? Qui, quand et comment transmettre les connaissances dans les hôpitaux grecs aux jeunes médecins ? » note, profondément préoccupé, M. Patoulis.

Constant Kaimakis
4 Janvier, 11:47

 

 


et puisqu’on parle de santé:

CHU D’ATTIKON, LES EMPLOYÉS DÉNONCENT L’ARRÊT DES CHIMIOTHÉRAPIES PAR MANQUE DE MÉDICAMENTS !

 

Les employés de l’Hôpital Universitaire ATTIKON ont tenu a dénoncer la situation d’un arrêt pour 15 jours des chimiothérapies prévues, par manque de médicaments. Ils dénoncent cette situation comme le fruit d’une réduction budgétaire importante et continue qui ne permet même plus de répondre aux besoins élémentaires. L’explication officielle est que, en raison de la fin de l’année, il y avait un problème de gestion des stocks et des difficultés de trouver un soutien financier d’urgence. Et donc, que le problème serait résolu en début de la nouvelle année. Les employés pour leur part critiquent cette gestion au jour le jour avec des « ordres au compte-gouttes »…. Enfin, comme il se dit que le même problème existe dans d’autres hôpitaux, les employés vont essayer de faire un état des lieux complet afin de coordonner et planifier des actions et des mouvements parce qu’ils craignent que malheureusement cette situation se détériore encore, due aux restrictions des mémorandums. La fédération syndicale POEDIN a tenu de son côté à s’associer à cette dénonciation, confirmant que chaque année on compte plus de 13 000 cas de rupture de traitements pour des patients atteints de cancer, par manque de médicaments.

Constant Kaimakis

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